analyse culturelle et études de genre / art, mythes et images

groupe de recherche coordonné par anne creissels et giovanna zapperi
docteures de l'ehess, chercheures associées au cehta

contact : annecreissels(at)orange.fr g.zapperi(at)gmail.com

séance du vendredi 26 novembre 2010


Mylène Bilot, Master 2 recherche création et étude des arts contemporains
(sous la direction de Véronique Goudinoux)
, arts visuels et plastiques, Lille 3, département arts plastiques, Tourcoing, mylene.b(at)voila.fr

« De l'Amazone à la culturiste: défier le genre »

L'Amazone et la culturiste, la "femme guerrière" et la "femme virile" : des expressions qui, dans la pensée androcentrée occidentale, tiennent toutes deux de l'antithèse. La figure féminine de l'Amazone, animée d'une "trouble sensualité"(1), incarne l'équivocité par excellence. Qu'elle soit mythologique ou bien réelle, elle suggère une non-mixité active et une affirmation de son autonomie. La culturiste quant à elle, en développant son volume musculaire suivant une discipline conçue pour l'exposition et la progression de la masculinité, concourt à façonner une "féminité virile", qui trouble le stéréotype de genre.

La "féminité virile", aussi équivoque soit-elle, ne pourrait-elle s'appliquer à la figure de la culturiste autant qu'à celle de l'Amazone ? En quoi ces deux figures féminines pourraient-elles être liées et/ou différenciées ? Pourrait-on voir, dans la culturiste, une Amazone moderne ?

C'est à partir d'oeuvres plastiques contemporaines que sera abordée l'hypothèse d'un travail de régulation et de transgression du corps qui s'opère dans la pratique du "culturisme féminin".

Robert Mapplethorpe, Lisa Lyon, 1982

(1) Nicole G. Albert, « Penthésilée 1900 ou Les Amazones du nouveau siècle », in Gyonne Leduc (Dir.), Réalité et représentations des Amazones, Paris, L'Harmattan, 2008, p. 91